[Lecture] À l’Ouest rien de nouveau (Erich Maria Remarque)

Roman (paru en 1929) de l’allemand Erich Maria Remarque (Erich Paul Remark de son vrai nom) (22/06/1898 – 25/09/1970) , naturalisé américain en 1947 après avoir été déchu de sa nationalité.

Présentation de l’éditeur:

« Quand nous partons, nous ne sommes que de vulgaires soldats, maussades ou de bonne humeur et, quand nous arrivons dans la zone où commence le front, nous sommes devenus des hommes-bêtes… »
Témoignage d’un simple soldat allemand de la guerre de 1914-1918, À l’ouest rien de nouveau, roman pacifiste, réaliste et bouleversant, connut, dès sa parution en 1928, un succès mondial retentissant. Il reste l’un des ouvrages les plus forts dans la dénonciation de la monstruosité de la guerre.

Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

Dans ce roman, nous suivons Paul Bäumer, soldat allemand de 19 ans et narrateur de ce récit. À travers son regard, ses pensées, les situations auxquelles il est confronté, le lecteur découvre la vie d’un soldat lorsqu’il est en première ligne dans les tranchées, identifiant les différents projectiles envoyés par l’ennemi au bruit qu’ils font en fendant l’air, décrivant la terre qui tremble sous les bombardements, les abris dans les tranchées qui s’effondrent sous les bombes, ensevelissant les hommes vivants, les rats qui grouillent et se nourrissent des morts tout autant que des provisions des soldats bien vivants. On vit avec lui cette peur permanente qui tient en éveil ou qui tétanise, on voit avec lui les blessures des camarades, les morts, déchiquetés par les mines ou aux visages bleuis par l’inhalation des gaz. Les retours à l’arrière du front sont l’occasion de réflexions sur ce conflit qui s’enlise, sur la stupidité de la guerre:

» C’est bizarre quand on y réfléchit, poursuit Kropp. Nous sommes pourtant ici pour défendre notre patrie. Mais les Français, eux aussi, sont là pour défendre la leur. Qui donc a raison? » (p 201)

Avec ses amis soldats, Bäumer va parvenir à tenir, malgré les privations, les doutes, la fatigue, la peur, les blessures. Cette camaraderie est l’occasion de situations parfois légères qui contrastent avec les horreurs de la guerre, je pense ici à l’adoption d’un chaton ou la confection d’un repas alors que les obus pleuvent sur leur position.

L’auteur aborde la difficulté de retourner à la vie civile par le biais d’une permission accordée au narrateur. Issu d’une famille modeste, il se sent comme étranger parmi ces gens qui le questionnent et à qui ils ne peut pas raconter les choses terribles que les soldats voient, vivent, et il redoute chaque jour le retour au front, alors que ses camarades de compagnie sont sa deuxième famille. Paul Bäumer est comme prisonnier entre deux mondes, la vie civile dans laquelle il ne trouve plus sa place, et le front où il ne va pas retourner.

Bien que l’on suive un soldat allemand, ce qui est raconté entre ces pages est comme universel. Peu importe de quel côté de la frontière on se trouve, la guerre est une horreur pour tous les hommes qui y prennent part. Erich Maria Remarque reste d’une neutralité telle que l’on peut très bien transposer son récit du point de vue d’un français. Il n’y a pas de haine envers l’ennemi, qui, finalement, est là pour les mêmes mauvaises raisons que le narrateur. Ce sont les grands de ce monde qui décident de la guerre, mais ce sont les petits qui la font et en souffrent. Que peut-on faire dans la vie quand tout ce que l’on a appris, c’est de faire la guerre? Voilà une des interrogations du jeune Paul.

Un récit qui sonne juste, émouvant. Et même si la manière de faire la guerre a changé en un siècle, cela reste quelque chose d’horrible, d’ignoble, de dégradant pour celles et ceux qui la font. Se souvenir, c’est aussi un moyen de tout faire pour ne pas y recourir.

« Il vaut mieux, en tout cas, que la guerre se déroule ici qu’en Allemagne. Regardez-moi les champs d’entonnoirs !
-C’est vrai, accorde Tjaden lui-même, mais il vaut encore mieux pas de guerre du tout. » (p. 204)

Infos sur le livre:

Édition présentée: Le Livre de Poche (05/1994). Titre original:  Im Westen nichts Neues. Traduit de l’allemand par Alzir Hella et Olivier Bournac. ISBN/EAN13: 9782253006701. Également disponible au format numérique. 

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