[Lecture] 1984 (George Orwell)

Publié en 1949 par l’anglais George Orwell, pseudonyme de Eric Arthur Blair (25/06/1903 – 21/01/1950). La traduction française d’Amélie Audiberti paraît en 1950 aux éditions Gallimard.

Quatrième de couverture:

«De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston… Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance. Seule comptait la Police de la Pensée.»

Big Brother is watching you…

Il s’agit là d’une relecture, mais ce roman est toujours aussi effrayant ! La société qui y est décrite est celle que nous redoutons tous: une langue qui s’appauvrit et avec elle les capacités à penser des individus, la peur constante d’être dénoncer, que ce soit par ses voisins ou sa propre famille, une surveillance omniprésente, l’ennemi universel contre lequel tous doivent se liguer, et bien d’autres choses encore! Le roman est constitué de trois parties que l’on pourrait résumer ainsi: la prise de conscience, la rébellion, la répression. Le personnage principal, Winston Smith, vit dans ce pays où tout le monde est surveillé. Peu à peu, il se rebelle face au système, il se met à penser, ce qui est un crime (« Le crime de penser n’entraîne pas la mort. Le crime de penser est la mort. » p. 45), il entretient une relation secrète avec une jeune femme. Mais tout cela, tout ce que Winston parvient à faire dans ce monde si contrôlé, si surveillé, semble trop facile pour être vrai. Comme si on le laissait faire, comme si on lui laissait prendre goût à cette liberté pour mieux la lui enlever, un système pervers et sadique pour mieux asseoir le pouvoir. Winston est un homme seul. Comment un homme seul peut-il parvenir à vivre libre dans un monde où l’endoctrinement est la règle ? Car c’est bien d’endoctrinement qu’il s’agit, lorsqu’on est capable d’accepter de tels slogans:

« LA GUERRE C’EST LA PAIX
LA LIBERTÉ C’EST L’ESCLAVAGE
L’IGNORANCE C’EST LA FORCE.» (p.15)

Comment peut-on, si notre capacité à penser n’est pas appauvrie, modifier des faits, réécrire l’Histoire pour faire la part belle au Parti ?

« Celui qui a le contrôle du passé, disait le slogan du Parti, a le contrôle du futur. Celui qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé. » (p. 54)

Et pour réduire la capacité de penser, le Parti a créé le novlangue:

« Savez-vous que le novlangue est la seule langue dont le vocabulaire diminue chaque année? » (p. 79)

Car oui, le Parti contrôle absolument tout. Et n’hésite pas à employer les grands moyens avec les esprits qui s’éveillent:

« – Comment un homme s’assure-t-il de son pouvoir sur un autre Winston?
Winston réfléchit:
– En le faisant souffrir, répondit-il.
– Exactement. En le faisant souffrir. L’obéissance seule ne suffit pas. Comment, s’il ne souffre pas, peut-on être certain qu’il obéit, non à sa volonté, mais à la vôtre? Le pouvoir est d’infliger des souffrances et des humiliations. Le pouvoir est de déchirer l’esprit humain en morceaux que l’on rassemble ensuite sous de nouvelles formes que l’on a choisies. Commencez-vous à voir quelle sorte de monde nous créons? C’est exactement l’opposé des stupides utopies hédonistes qu’avaient imaginées les anciens réformateurs. Un monde de crainte, de trahison, de tourment. Un monde d’écraseurs et d’écrasés, un monde qui, au fur et à mesure qu’il s’affinera, deviendra plus impitoyable. » (p. 376)

N’est-ce pas que ça fait peur? Car bien que certains aspects de ce roman aient mal vieilli, je pense ici à l’évolution des technologies, bien qu’elles soient assez proches de ce qui se faisait en 1984, il suffit de réfléchir deux secondes sur ce monde dans lequel nous évoluons pour se rendre compte que, si nous n’y sommes pas encore (ça, c’est la version optimiste !), nous basculons dangereusement vers l’univers de Big Brother. Demandez-vous combien de fois vous avez douté de ce que vous avez vu dans les médias, de la priorité donnée à certains faits pendant que des choses terribles étaient passées sous silence ou presque. Sans verser dans la paranoïa, juste par simple constatation, nous sommes déjà sans cesse surveillés: nos déplacements sont suivis grâce à la télé-surveillance et notre utilisation des GPS, nos habitudes de consommation grâce aux suivis de nos achats via les fameuses cartes de fidélité des magasins ou nos clics sur tels ou tels sites en lignes. C’est une réalité, dont chacun est conscient. Là où c’est flippant, c’est qu’en toute conscience on trouve cela normal. Comme si déjà, nous nous laissions enfumés, endormir, endoctriner… Et si Big Brother était déjà au pouvoir ?

Un roman à lire absolument !

Infos sur l’ouvrage:

Édition présentée: Folio (février 1996). Titre original: Nineteen eighty-four. Traduit de l’anglais par Amélie Audiberti. ISBN/EAN13: 9782070368228. Disponible en numérique et en audio.

Pour aller plus loin:

De nouvelles traductions ont été faites de ce roman:
– en 2018 par Josée Kamoun
– en 2019 par Celia Izoard
– en 2020 par Philippe Jaworski
– en 2021 par Romain Vigier

Ce roman a fait l’objet d’une adaptation cinématographique en… 1984 par Michael Radford. En voici un trailer:

Ce titre est donc adapté pour le Club de Lecture VendrediLecture de ce mois de Juin ^^

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