[Écriture] Qui suis-je ?

Qui suis-je ? Jamais vous ne le saurez. Et quand bien même vous l’apprendriez, vous me redouteriez toujours. Comment ne pas me redouter alors que je peux obtenir ce que je veux quand je le veux ? Je suis ce soldat indestructible qui avance toujours au milieu de l’enfer de la guerre, cette femme immunisée contre toutes les maladies. Je suis l’incarnation de vos peurs, de vos cauchemars. Je suis cet être à qui rien ne résiste. Mon regard sombre est impénétrable, et il me plaît de voir vos yeux s’agrandir de terreur, vos bouches béer en un cri silencieux lorsque vous me voyez. J’aime ce pouvoir que j’ai sur vous. Parfois, je manipule vos esprits fragiles pour que vous me donniez ce que je veux, et je me délecte à chaque fois de mes réussites sur vous. 

Qui suis-je ? Vous avez peur de le savoir. Pourtant, tout en me craignant, il en est parmi vous qui me recherchent, qui font tout pour croiser mon chemin. Lorsque je réponds à leur invitation, ces gens-là ne sont jamais déçus. D’autres croient pouvoir m’éviter. Mais je suis toujours là. Peu importe le temps qu’il me faut, je finis toujours par rendre visite à tout le monde. Tôt ou tard, je viendrais vous voir. Et sachez-le, je ne suis jamais en retard. 

Peu importe qui je suis, ce que je suis. Mon pouvoir sur vous est immense et ne cesse de croître. Que vous m’attendiez, que vous me craigniez, aucun de vous ne peut m’échapper. Anonyme et pourtant vous me connaissez tous, invisible et pourtant je suis partout et nulle part. Je suis à vos côtés sans que vous le soupçonniez. Dans votre voiture, debout devant votre lit, à vos côtés pendant votre jogging du dimanche matin. Il me suffit de tendre mon doigt sur vous pour que vous m’apparteniez. 

La Mort, ainsi vous me nommez. Vous m’affublez d’accoutrements ridicules, d’une grande cape noire comme la nuit, d’une faux, vous croyez qu’en vous moquant ainsi de moi vous n’aurez plus peur. Que de vaines espérances ! Vous ne faites qu’envier ce que je représente, ce que vous n’aurez jamais. Tant de jalousie vous rend si pathétiques ! Je vous regarde vous déchirer les uns les autres pour ne pas vous préoccuper de moi, déclencher vos guerres, perpétuer vos massacres, et je me réjouis. Moi, ni homme, ni femme, immortalité incarnée, je me ris de vos existences qui ne représentent rien pour moi, si ce n’est un moyen de subsistance. 

À travers la fenêtre de mon antre invisible à vos yeux de mortels, je vous observe en souriant. Vous êtes si délicieux. Mourrez donc, petites créatures, et je n’en vivrai que plus longtemps. 

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