[Lecture] Ici n’est plus ici (Tommy Orange)

Roman de l’américain d’origine arapaho et cheyenne Tommy Orange, publié en 2018 sous le titre There There. La traduction française de Stéphane Roques paraît le 21 Août 2019 aux éditions Albin Michel.

Présentation de l’éditeur:

À Oakland, dans la baie de San Francisco, les Indiens ne vivent pas sur une réserve mais dans un univers façonné par la rue et par la pauvreté, où chacun porte les traces d’une histoire douloureuse. Pourtant, tous les membres de cette communauté disparate tiennent à célébrer la beauté d’une culture que l’Amérique a bien failli engloutir. À l’occasion d’un grand pow-wow, douze personnages, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, vont voir leurs destins se lier. Ensemble, ils vont faire l’expérience de la violence et de la destruction, comme leurs ancêtres tant de fois avant eux. Débordant de rage et de poésie, ce premier roman, en cours de traduction dans plus d’une vingtaine de langues, impose une nouvelle voix saisissante, véritable révélation littéraire aux États-Unis. Ici n’est plus ici a été consacré 
« Meilleur roman de l’année » par l’ensemble de la presse américaine. Finaliste du prix Pulitzer et du National Book Award, il a reçu plusieurs récompenses prestigieuses dont le PEN/Hemingway Award.

Plumes, alcool et pow-wow…

C’est à travers des portraits que Tommy Orange décrit tout le mal-être, les difficultés d’intégration des descendants des premières nations d’Amérique. Hommes, femmes, enfants, chacun donne l’impression d’être déraciné, d’être en quête de son identité. Une identité, une culture tellement mises à mal qu’elles ont bien failli disparaître. Les personnes décrites dans ce récit semblent bien seules, totalement démunies face au monde qui les entourent, qui les broient, mais elles vont pouvoir se rassembler, grâce à un grand pow-wow. Petit à petit, le lecteur aperçoit les liens qui unissent, au-delà de leur appartenance à une ethnie. Chacune, chacun à sa manière, continue de faire vivre cette culture ancestrale. Les ressemblances entre ces portraits, comme les addictions, la violence, la précarité, donnent une impression d’universalité. On y ressent les difficultés de toutes les personnes marginalisées du monde, qui tentent de survivre, jour après jour.

Le roman, par sa succession de portraits, de points de vue, a un rythme plutôt soutenu, donnant la sensation que la lecture suit le rythme d’un tambour invisible, que l’histoire qui y est décrite était narrée sous forme de danse, de chant. Il en ressort quelque chose d’obsédant, comme un appel à se joindre à une transe, et les pages se succèdent, inexorablement, alors même que l’on sait que quelque chose d’horrible va arriver. Mais l’histoire est déjà écrite, les événements sont déjà passés, et on ne peut échapper à la tragédie transmise par ce chant, cette danse.

C’est un très beau récit, tragique, comme l’est l’histoire des Amérindiens depuis l’arrivée des premiers colons. C’est l’histoire de gens exclus qui tentent de trouver leur place, de trouver la paix.

Infos sur l’ouvrage présenté

Édition: Albin Michel (21/08/2019). Traduit de l’anglais (États-Unis) par Stéphane Roques. ISBN/EAN13: 9782226402905.

Également disponible au format poche, en numérique, et en édition audio.

Lecture faite dans le cadre du Club de Lecture VendrediLecture

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