[Lecture] Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur (Harper Lee)

Publié en 1960 par l’américaine Harper Lee ( 28/04/1926 – 19/02/2016), ce roman reçoit le Prix Pulitzer en 1961. Il paraît en France en 1961 sous le titre Quand meurt le rossignol, traduit par Germaine Béraud; puis en 1989 le titre devient Alouette, je te plumerai pour la traductrice Isabelle Stoïanov. Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur devient le dernier titre français en 2005, suite à une révision d’Isabelle Hausser de la traduction d’Isabelle Stoïanov.

Présentation de l’éditeur:

Dans une petite ville d’Alabama, à l’époque de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 – au cœur de la lutte pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis –, connut un tel succès.
Mais comment ce roman est-il devenu un livre culte dans le monde entier ? C’est que, tout en situant son sujet en Alabama dans les années 1930, Harper Lee a écrit un roman universel sur l’enfance. Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court story américaine et du roman initiatique.

Couronné par le prix Pulitzer en 1961, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur s’est vendu à plus de 30 millions d’exemplaires dans le monde entier.

Il était une fois, une fillette vivant en Alabama dans les années 1930…

C’est une petite fille qui raconte cette histoire. Son histoire. Celle d’une enfant qui s’ouvre à la vie, avec curiosité et imagination. On la suit, elle et son frère Jem, se demandant pourquoi leur voisin reste enfermé chez lui, inventant des jeux en s’inspirant de leurs lectures. Elle découvre l’école, les voisins, avec un regard plein d’innocence et tout parait beau à travers ses yeux, parce que tout est rempli de simplicité, de spontanéité, d’authenticité, d’honnêteté. Oh, bien sûr, Scout et Jem restent des enfants, et font parfois quelques bêtises. C’est aussi cet aspect là qui donne tant de véracité à ce récit parfois drôle. Mais l’innocence de Scout va être ébranlée quand son père, l’avocat Atticus Finch, va devoir défendre un noir accusé du viol d’une blanche. Soudain, elle se retrouve confrontée au racisme, à la haine, au mensonge, à l’injustice. Je crois que ce qui rend ce récit d’autant plus actuel, d’autant plus intemporel, c’est que rien ne semble changer. Il y a toujours des racistes, toujours de la haine, du mensonge, de l’injustice. On pourrait se sentir décourager et baisser les bras face à tant de noirceur. Et pourtant, il faut rester debout, même seul contre tous, il faut continuer à se battre. Parce que même une petite action peut faire la différence.

« Je voulais que tu comprennes quelque chose, que tu voies ce qu’est le vrai courage, au lieu de t’imaginer que c’est un homme avec un fusil dans la main. Le courage, c’est savoir que tu pars battu, mais d’agir quand même sans s’arrêter. Tu gagnes rarement mais cela peut arriver » (p. 176-177)

Le lecteur voit le monde à travers les yeux de Scout, et tout devient plus attachant, plus émouvant, plus bouleversant à hauteur d’enfant. Avec ce recul de lecteur, on se rend compte à quel point la confrontation d’un enfant au monde des adultes peut être brutal. Perdre de son innocence, c’est comme prendre un coup de poing dans le ventre: ça ne laisse pas de trace mais ça fait très mal.

J’ai adoré ce roman, qui oppose l’enfance qui ne voit aucune différence entre les êtres humains et la période adulte parfois faite de la peur de l’autre, peur qui se transforme en haine. C’est drôle, aux apparences légères, et pourtant Harper Lee y laisse un message fort de fraternité et d’entraide, de non résignation. Il faut se battre, toujours, et ne jamais faire taire l’enfant qui sommeille encore en nous, cet enfant sans préjugé, curieux et pas encore perverti par les opinions des adultes.

Un monument de la littérature, que chacun devrait lire et dont chacun devrait avoir un exemplaire dans sa bibliothèque.

Infos sur l’ouvrage présenté:

Édition présentée: Le Livre de Poche (23/08/2006). Titre original: To kill a mockingbird. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Isabelle Stoïanov. ISBN/EAN13: 9782253115847.
Également disponible au format numérique et audio

Pour aller plus loin…

Ce roman a fait l’objet d’une adaptation cinématographique en 1962, réalisée par Robert Mulligan, sous le titre Du silence et des ombres, avec Gregory Peck dans le rôle d’Atticus Finch. Ce film a remporté trois Oscars. 

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