[Lecture] La Route (Cormac McCarthy)

Roman post-apocalyptique de l’américain Cormac McCarthy publié en 2006 sous le titre The Road. La traduction française de François Hirsch paraît le 3 Janvier 2008 aux éditions de l’Olivier.

Présentation de l’éditeur:

L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie. Cormac McCarthy raconte leur odyssée dans ce récit dépouillé à l’extrême.

Prix Pulitzer 2007, La Route s’est vendu à plus de deux millions d’exemplaires aux États-Unis.

Ce petit chemin…

Et bien… Ce petit chemin ne sent pas la noisette. Il n’a rien de bucolique. Dans La Route de Cormac McCarthy, tout est gris, froid, faim. Quelle catastrophe a mené là ? On l’ignore. On ne sait pas comment le monde en est arrivé là, mais c’est comme ça, la cendre recouvre le sol, encombre les voies respiratoires, la pourriture est partout, même dans le cœur des hommes, et son odeur de mort se fait sentir régulièrement. Le lecteur est directement immergé dans le quotidien de l’homme et l’enfant, en mode survie. L’important étant de boire, se nourrir, avoir chaud et éviter les pillards et les Méchants, ceux qui mangent les enfants. Se méfier, rester sur le qui-vive, faire preuve de prudence. La moindre erreur peut être fatale… Tout est réduit à des besoins primaires. Même l’écriture est sèche, dépouillée, au point que même les personnages sont dépourvus d’identité.

La relation entre l’adulte et l’enfant est ambigüe. S’il paraît très fort, le lecteur ignore tout du lien réel qui lie ces deux personnages. Car si l’enfant appelle l’adulte « papa », l’adulte en retour ne laisse jamais transpirer ce qu’il en est vraiment. L’homme a-t-il sauvé cet enfant qui n’est pas le sien ? Est-il vraiment son père ? Bien que l’on s’interroge, l’auteur laisse le lecteur le découvrir par lui-même, au fil des pages. De plus, ce n’est pas cela le plus important, mais bien l’enseignement, les valeurs, l’amour que cet homme transmet à la génération suivante. Concernant l’absence de leur identité, on peut également penser que l’auteur a fait cette démarche pour finalement se concentrer sur l’essentiel, l’humanité, dans une approche rendue par conséquent plus universelle. L’enfant parle de « Gentils » et de « Méchants », dans une approche manichéenne du monde qui l’entoure, mais le lecteur sait, et l’enfant le découvre, que les gens sont bons et mauvais, que cette dichotomie sommeille en chacun de nous. Et cette dualité peut se retrouver dans les nuances de gris que nous exposent l’auteur et dans lesquelles évoluent ses personnages.

Si le récit est sombre, rongé par la pourriture, le Mal, la nuit, le froid, la Mort, il y a aussi quelques bulles de chaleur et de lumière au fil de ces pages. La lumière, bien que souvent vacillante, est pourtant présente, symbole de volonté, d’espoir. Et puisque nous parlons symbole, que dire de cette Route ? On peut voir dans ce chemin suivi, dont on s’écarte parfois, une métaphore de la vie. Ce chemin tout tracé que nous suivons malgré nous et qui n’a qu’un seul et unique but. Puisque ce but nous est connu, finalement, est-ce cela le plus important ? Je ne le pense pas. Car bien souvent, dans les voyages, c’est le chemin que nous empruntons qui est le plus enrichissant. Notre mort ne définit pas qui nous sommes. En revanche, tous nos actes, tout notre cheminement de vie, si.

Particulièrement sombre, flirtant parfois avec un certain pessimisme, c’est, au final, un roman très humain, qui nous interroge sur notre rapport au Bien et au Mal. Un récit très profond, très bien servi par son écriture très épurée, sèche, parfois abrupte.

Pour aller plus loin:

Édition présentée: Sixtrid (01/04/2012). Interprété par Éric Herson-Macarel. Durée: 7 heures. 1 CD MP3. EAN13: 3358950002290.

Également disponible en grand format et édition de poche.

Ce roman a reçu le Prix Pulitzer de la fiction 2007 et le Prix Ignotus 2008.

Il a également fait l’objet d’une adaptation cinématographique réalisée par John Hillcoat, avec Viggo Mortensen, donc voici la bande annonce

N’ayant pas encore eu l’occasion de visionner ce film, je ne peux vous en donner mon avis et je vous encourage à en faire de même.

Vous pouvez aussi consulter les avis de Vert, Lhisbei, Francksbooks, Etienne sur le blog Fantastinet, entre autres

Cette écoute (oui, il s’agit d’une lecture audio) a été faite dans le cadre du Club de Lecture VendrediLecture





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